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Les jeunes et le patrimoine

TemoignagesLors des journées européennes du patrimoine le 16 septembre 2017, nous avons lu, pendant la visite guidée de la station balnéaire de Sion-sur-l’Océan, diverses expressions de jeunes à propos du patrimoine, ce qu’il représente pour eux et la nécessité de le conserver ou non.

Nous les publions avec un peu de retard :

Témoignage de Clarisse à propos de Sion, le lieu de ses vacances familiales et aujourd’hui, son lieu de résidence principale :

« Mon arrière grand père était propriétaire de plusieurs terrains à Sion, dont une maison appelée « Les Brisants » sur la corniche et une vieille longère qui a ensuite appartenu à mon père. 

Nous venions chaque été dans cette petite maison, certes peu confortable, mais qui avait son charme typiquement vendéen. À travers son caractère atypique elle nous racontait son histoire, nous imaginions la vie des anciens propriétaires qui l’avaient surement occupé à l’année, il y a longtemps.

Nous aimions nous rendre à la bibliothèque de plage, puis dans notre famille, aux brisants, avant d’aller au cinéma de Sion.

J’ai donc passé tous mes étés ici et j’ai vu le territoire changer d’année en année.

Je me souviens que chaque fois où l’on arrivait en Vendée, nous découvrions avec étonnement les nouvelles résidences sorties de terre si rapidement durant l’hiver. Nous constations aussi les disparitions … comme celle du petit cinéma.

Cette année, j’ai vu disparaître avec peine « Les Brisants » et une partie de mon histoire, mais c’est aussi celle de Sion et de sa corniche qui s’est envolée. Il ne reste désormais que quelques photos ou vieille carte postale pour me rappeler ce que j’ai connu, qui a définitivement basculé dans le passé, car disparu.

les brisants compCe n’est pas que par nostalgie que j’aime voir des traces de l’histoire à travers les bâtiments, c’est aussi parce qu’il est agréable et captivant de pouvoir imaginer un passé que nous n’avons pas vécu.

Le quartier de Sion a un attrait particulier : il nous raconte son vécu de station balnéaire familiale et chaleureuse, à travers des bâtiments typiques de ce bord de mer, qui lui donne un charme unique.

 

Je me suis installée ici il y a 4 ans, et je me désole de voir le territoire évoluer de cette façon. De jolie station balnéaire des années 30, Sion est en train de devenir une ville ordinaire. Les maisons individuelles occupent désormais chaque petit terrain disponible, cernées de mur haut pour ne pas être vu des voisins, avec du bitume comme jardin pour éviter l’entretien d’une pelouse. Les immeubles qui poussent face à la mer, qui permettent de loger en grand nombre avec une vue exceptionnelle, mais dont les fenêtres ne reflètent l’océan que quelques mois de l’année, puisque les volets restent fermés tout l’hiver.

C’est un autre récit que Sion racontera aux prochaines générations, une histoire qui me laisse bien moins rêveuse.

Témoignage de Pauline, 20 ans, étudiante à Paris Sorbonne, licence 3 géographie parcours environnement, qui a participé à de nombreux chantiers bénévoles dont un sur le patrimoine :

« Cette année j’ai participé à un chantier près de Madrid avec l’association Rempart.

Ce fut un réel plaisir pour moi de participer à ce chantier ayant pour but de mettre en valeur le patrimoine de la vallée del Paular.

Jai pu participer à la reconstruction d’un mur en pierre afin de recréer des continuités écologiques pour la biodiversité,  débroussailler, faucher mais également aider des archéologues a extraire du sol des éléments à proximité du moulin à papier ayant servi à la production du célèbre don Quichotte.  Jai vraiment pu ressentir cette notion de patrimoine.

Le patrimoine est une des principales voies par laquelle j’aime découvrir un territoire.

Le patrimoine met en interrelation l’aspect historique culturel naturel mais également l’aspect de communication et de médiation qui permet de partager au plus grand nombre les spécificités et beautés d’un territoire. 

Si le patrimoine peut exister c’est non seulement parce qu’il existe des merveilles en tous lieux mais également parce que nous projetons sur elles un regard d’admiration et une volonté de protection.  Continuons à protéger ce qui fait la beauté de nos territoires !

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Visite journées du Patrimoine appréciée

Une vingtaine de personnes sont venues à notre visite guidée à l’occasion des journées du Patrimoine (des vacanciers découvrant Sion pour la première fois, des résidents à l’année à St Hilaire ou St Gilles, …), un public intéressé qui nous a laissé ces messages sur notre livre d’or :

« Merci aux passionnées qui nous font revivre le passé et évoquent aussi l’avenir incertain de ce patrimoine »

« Une visite très instructive. Futurs retraités à Sion où nous avons toujours passé de belles vacances, et beaucoup de souvenirs. Souhaitons en conserver l’esprit. »

« Visite très intéressante. Trois fois déjà je suis venue et à chaque fois je retrouve du plaisir et apprend des détails nouveaux : vraiment une belle prestation.« 

Visite guidée animée du 14 juillet (2)

En compléments, voici un petit diaporama de cette visite et

l’article paru dans Ouest-France le mardi 18 juillet 2017 :

Visite guidée animée du 14 juillet

Une quinzaine de participants, des touristes d’Angers, de région Parisienne et des locaux ont suivi avec intérêt la visite de la station balnéaire de Sion-sur-l’Océan proposée par le Collectif.

Celle-ci était ponctuée de saynètes faisant revivre les bâtiments emblématiques du balnéaire à l’époque 1950.

Après avoir parlé de l’histoire de l’hôtel de l’Océan et des Pins construit en 1903, transformé en casino de loisirs par Henri Renaud de la Faverie, créateur de la station balnéaire de Sion, nous avons rencontré des estivants descendus à l’hôtel Frédéric. Devant l’ancienne chapelle devenue office de tourisme, M. le curé et sa servante nous ont rappelé les années 1900 où celui-ci officiait !

La rue du petit train a été l’occasion d’évoquer cette infrastructure qui non seulement pouvait transporter les estivants de Bourgneuf-en-Retz aux Sables d’Olonne mais était aussi bien utile pour les locaux pour aller travailler ou faire des courses ou recevoir des marchandises.

Pendant ce temps, des voitures anciennes de nos amis « les vieilles soupapes » se sont garées devant l’hôtel Frédéric (Peugeots 201, 202, Panhard, Aronde, 2CV, Vespa ou mobylette, …)

Le temps d’évoquer l’histoire de l’hôtel et nous voici arrivés devant la mer où un petit car Citroën des années 1950 de la compagnie Hervouet avait ramené une dizaine d’enfants et leurs monitrices partis en sortie aux Sables d’Olonne. Le directeur de colonie les fit mettre en rang pour chanter d’un ton juste : « Il était un petit homme, pirouette, cacahouète »  ce qui nous fit basculer dans l’enfance !

Quelle a été notre surprise de rencontrer Mme Lauterie, témoin encore vivant de cette époque puisque celle-ci a été monitrice de colonie à Sion les étés 1950 à 1956. L’échange entre cette monitrice d’antan et les figurantes d’aujourd’hui fut émouvant !

Ensuite, nous avons cheminé le long de la promenade de la mer, observant la différence d’architecture entre les maisons de pays et les villas balnéaires.

Devant le café de la plage, nous avons rencontré 2 pêcheurs et une femme de pays qui en dialoguant dans le parler local nous ont évoqué la vie à Sion en 1950 pendant la saison au contact des estivants.

Nous avons fini par une évocation des rues commerçantes, de l’hôtel des Touristes , établissement le plus ancien de Sion (depuis 1871 !) et du quartier balnéaire de l’îlot Jeanne d’Arc. Enfin, une photo de groupe a été prise devant la Livarde :

Protection du patrimoine balnéaire de Sion

Lettre ouverte à M.le Maire de Saint-Hilaire-de-Riez  le 2 mai 2017

Depuis l’arrivée des palissades en septembre 2013, les villas balnéaires d’intérêt local de l’îlot Jeanne d’Arc se sont extrêmement dégradées par manque de protection.

Villa La Clarté fin août 2013

villa La Clarté mai 2017

 

 

 

 

 

 

 

Tant que le projet immobilier-thalasso ne se concrétise pas, pourquoi s’attacher à faire disparaître un patrimoine commun contrairement à ce qu’il est écrit dans le PLU ?

p.12 du PADD, on peut lire : un des objectifs de la ville est « d’améliorer la connaissance du patrimoine communal, de le protéger et de le valoriser. La commune dispose d’un patrimoine bâti diversifié et identitaire des marais bretons et de la côte vendéenne (villas balnéaires). Ce patrimoine est pleinement garant de l’image du territoire et doit donc être reconnu comme tel et préservé ».

Que restera-t-il du patrimoine balnéaire de Sion si le but de la Municipalité est de le détruire ? Une destruction est irréversible !

Nous sommes le porte parole de tous ces hilairois, résidents secondaires, touristes qui écrivent sur ce blog patrimoine-de-sion, sur le livre d’or de la Livarde et qui ont voté pour la restauration de la station balnéaire, de toutes ces personnes qui sont choquées :

  • par ce lieu barricadé en face d’une si belle nature,
  • par ce bâti ancien sciemment dégradé,
  • par cette enclave prohibant l’accès à la mer, un bien pourtant commun à tous !

Oui, le collectif revendique la pose de la protection sur la villa Elisabeth car il est de l’intérêt général de protéger le bien commun tant que le projet immobilier- thalasso n’aboutit pas.

villa Elisabeth 4 mai 2016

Alors qu’il existe un patrimoine balnéaire à Sion plébiscité par une majorité de citoyens (qui habitent ou fréquentent la station) et reconnu aussi par les services de l’Etat spécialisés en la matière, pourquoi s’attacher à le détruire et à engager les finances de la population pour imiter le patrimoine de la capitale parisienne ?

Est-ce l’intérêt général de faire disparaître les témoins de l’histoire d’une cité ?

Avenir de l’ancien casino des Pins (2)

Des nouvelles de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) !

Le conservateur des monuments historiques est venu rencontrer le Collectif le 10 janvier 2017 et a visité le bourg historique de Sion.

Nous venons de recevoir ses conclusions, il écrit : « l’ancien casino de Sion-sur-l’Océan fait partie intégrante d’un ensemble balnéaire représentatif à l’échelle de la commune littorale de Saint-Hilaire-de-Riez« .

Notre demande d’inscription du bâtiment va donc passer en commission régionale du patrimoine et de l’architecture au cours de l’année 2017.

170127-reponse-de-la-drac

L’histoire balnéaire de Sion-sur-l’Océan a peut-être une chance d’être sauvée d’autant qu’elle est étroitement liée à celle de ses 2 anciennes stations voisines Saint Gilles et Croix de Vie qui fêtent justement cette année les 50 ans de leur fusion.

Projet citoyen pour un autre aménagement de l’îlot Jeanne d’Arc

Le projet immobilier-thalasso tardant à se réaliser, notre collectif de défense du patrimoine balnéaire de Sion-sur-l’Océan s’est associé au Collectif Agora* pour élaborer un projet citoyen qui ferait revivre Sion à l’année tout en y conservant son cachet de station balnéaire familiale. Ce projet s’est appuyé entre autres sur les réflexions recueillies lors de l’événement Histoire(s) future(s) du dimanche 24 avril 2016 (cf annexe 3 du projet)

Dans le Courrier Vendéen du 29 septembre 2016, M. le Maire disait « Je conçois que, malgré les résultats du référendum, le projet puisse avoir des détracteurs, mais jusqu’à présent, personne ne m’a jamais présenté de projet alternatif… » Aussi, nous avons demandé à M.le Maire une entrevue pour lui présenter ces réflexions avant la fin de l’année 2016.livret_sion_couverture-rogne

Vous pouvez consulter ce document en cliquant ici et nous faire part de vos commentaires sur ce blog.

N’hésitez pas à le partager dans  vos réseaux.
Vous pouvez aussi nous contacter :
patrimoinedesion@gmail.com ou
collectifagora@netcourrier.com
* Ouvert à tous, le Collectif Agora rassemble des habitants de Sion-sur-l’Océan. Il s’est formé en mars 2016, voici une extrait de sa charte (déposée en mairie de Saint-Hilaire-de-Riez et préfecture de Vendée) :
« Nos intentions : Le collectif a pour but de proposer, d’organiser et de créer des animations tout au long de l’année. Il est attentif au cadre de vie et à son évolution. Il se donne pour objectifs de créer une interaction entre les résidents – permanents et temporaires – et la municipalité, ainsi que de générer des vecteurs de convivialité pour tous : par le biais de moments, lieux, objets … »